26.2.26

Candle in the wind

 Les plombs ont sauté dans tout le quartier.

Ce qui veut dire que je vais être obligée de faire semblant d'être productive et d'écrire mes futures notes dans un carnet à la lueur d'une bougie.


J'ai déjà envie de chialer.

Kdrama

Il est 2h30.

Je suis dans mon lit avec mon téléphone entrain de scroller into oblivion avant d'aller dormir. 

Ohmondieu

J'ai l'impression de devoir regarder 10 episodes d'une série coréenne avant de voir enfin le premier bisou. 

La tension est à son comble.

J'ai encore une bouteille de mousseux dans le frigo et je tiens à l'ouvrir pour une belle occasion. 


Embrassez-vous, les gars. 

On vous aime déjà. 


Je n'ai même pas besoin de donner des noms. 


Vous sachez. 

You look like you're havin' fun


 Les gens "énigmatiques", ces crevards. Je ne te parle pas d'un pseudo mystère attachant, attendrissant, qui viendrait d'une forme de timidité ou de pudeur. Ça n'a rien à voir avec le café que tu bois le matin en te demandant où Pedro Pascal se situe dans les couleurs de l'arc-en-ciel pendant que tu entammes ton deuxième croissant. Non, que nenni.

Je parle de ceux qui kiffent à fond t'enfumer la gueule, ceux qui sont sur le podium du WTF.

Ces êtres forcément différents de toi pour tout et absolument n'importe quoi, ces êtres incapables de véritable main tendue vers l'autre, d'accord à l'amiable. Ce n'est même pas une personnalité basée sur les goûts, les avis ou les croyances. C'est strictement basé sur leur besoin irrépressible d'être hors de la mêlée, au-dessus des autres et jamais avec. Hors champ, hors sol. Dieu plus que Dieu. Être à terre avec les "communs", no way José. Beurk !

N'avoir aucune logique, aucune cohérence fait qu'ils sont un être spécial, plus fort que le faible car moins lisible. C'est niquer la perception, la réalité de l'autre à grands coups de contraire… pas pour une pseudo vérité, mais juste pour rester à la foutue place au-dessus de l'autre. 

Tordre la moindre opinion, tous les avis et les faits du monde, penser tout et son exact opposé dans le même souffle uniquement pour t'embrouiller la gueule. Et strictement pour t'embrouiller la gueule.

Ces êtres qui ont absorbé l'idée que toute interaction humaine était toujours un rapport de force servant à nuire à l'intégrité de ce qu'ils sont. Ces gens qui s'imaginent que tout lien est une négociation, un chantage, un marchandage dans l'intention de leur vider les poches du cœur, de la tête et du reste avec.

Leur seul lien avec autrui est d'établir un rapport qui oblige l'autre à ne pas trop les atteindre, pas trop les cerner, pas trop les percer à jour. Être authentique revient à choisir entre la peste et le choléra, donc ce sera ni l'un ni l'autre, mon général. Être vulnérable demande à savoir porter notre caca, nos défauts, nos fautes avec les conséquences. Être vulnérable sous-entend pouvoir être pris la main dans le sac parce qu'on a été "démasqué". Être faillible exige une certaine responsabilité de soi. Être vulnérable, humain, est une chose délicate. Les enfumeurs de tronche n'ont aucune envie de ça.

Ils ont compris que le super pouvoir était de n'être ni A ni B. Eux, ils veulent être la lettre de l'alphabet qui n'existe pas. Toute la puissance du truc tient dans l'idée de ne jamais être ci ou ça mais continuellement n'importe quoi quand ça les arrange.

Une girouette servant leur intérêt et le confort de leur place.

Être ce genre de personne énigmatique attire le regard, fait tendre les oreilles et lever des sourcils. Le mystère, l'inconnu a toujours inquiété et excité les gens. C'est la valse permanente de deux sensations si différentes. Ils sont regardés autant que leur mystère perdure.

Ça a la tronche d'une équation qui ferait chialer n'importe quel matheux du MIT. Sauf qu'en vrai, la vérité est bien plus conne que ça. Ils se cachent en plein jour, ces couillons. Le jour où tu comprends qu'ils sont prêts à te dégueuler un festival de conneries juste pour te garder en orbite avec leur salade et que ça ne sert strictement qu'à ça, bah tu peux enfin leur dire "va te faire fouuutre, enflure".

Ce sont des gens qui soutiennent mordicus ne pas vouloir l'attention d'autrui (ouh lala non penses-tu, on est au-dessus du lot) tout en te tordant la main afin que tu restes pour l'éternité à les regarder. Et si tu chiales, bah c'est de ta faute dans leur univers. Pas parce qu'ils ont des procédés de merde.

Et crois-moi, putain, ce qu'ils veulent que tu les regardes, que tu sois là. Leur came de première qualité, c'est : ton temps, ton énergie, ta loyauté, ta gentillesse, ton empathie, ta compassion, etc. Bref, ce qui fait que t'as un cœur qui bat plus ou moins au bon endroit, quoi.

Ils te vident comme des gros cochons et toi, tu finis par être un raisin tout sec en bout de piste.

Ils te chient à la gueule mais ne savent pas vivre sans toi.

Enfin bref, si tu es en interaction avec ce genre de bipède, fuiiiiis.

Si tu découvres que c'est un membre de ta famille : force à toi, tu vas en avoir besoin. Mais tu pourras survivre en arrêtant d'essayer d'attraper leur fumée avec un filet à papillon quand t'auras compris qu’essayer de les comprendre est exactement ce qu'ils veulent, alors qu'en fait il veulent rien donner, ces gros rats. Y a rien !

Rien, te dis-je.

24.2.26

cf. tiger blood.

 <3

I did it my way



Bon, je vois bien que j'ai grave choisi mon parti pris concernant ce blog. En gros, écrire exactement comme je parle IRL dans toutes les directions. Courage à vous, c'est un peu sport. (on dirait juste Charlie Sheen qui carbure à la cocaïne. Le sang du tigre, "WINNING")

Quand je décidérai de faire des textes bien écrits bah je mettrai #quandjécrisbien. C'est pas pour tout de suite. putain, non

Sage décision. Je suis contente, je suis contente.

Let's roll, bitch

 Blogueuses quarantenaires vétérantes tentant de faire revivre la blogosphère en 2026 avec leur note du jour, quoi.

(Ouais bon, par contre, je pense pas avoir le panache ni le bagage pour m'identifier à Hunter, faut pas déconner. Sténia, avec sa Pologne et son lancer de hache — quand moi je me contente encore de pratiquer le lancer de fléchette dans mon garage — me semble donc nettement plus appropriée pour endosser ce rôle. Je suis dès lors soit John soit Johnny et, entre les deux, mon cœur balance. Cela étant dit, pour une raison que je ne m'explique pas, je sens bien qu’au fond de moi, j’ai une sorte de fibre totalement estampillée Cusack. Probablement parce que High Fidelity continue de faire partie de mon top 5. Et surtout...
THE CLASH.)

* Frankie, tu veux la place de Depp ? 

Gotta get up, gotta get out


Mon cycle circadien est niqué depuis des mois. On peut pas traverser sa jungle mentale destroy avec un style de vie organisé. Ce serait comme insulter ou trahir une tradition ancestrale (des fois, les traditions, c'est bien. Un peu comme le cahier des charges Moët & Chandon), un rite de passage. 

Donc, dans un esprit euh qui est ce qu'il est, je me suis tapée avant hier une nuit blanche de 15h. Ouais, bah con à dire, ça a fait une sorte de mini reset dans ma tête (ou aggravé les choses, va savoir, je m'en rends peut-être plus compte). 15 heures qui ont été mises à profit afin de concocter la soundtrack parfaite quand tout part en couille. Et je te parle pas d'écouter Leonard Cohen ou un truc profond quand ça chie dans le ventilo (bien que honnêtement, pour avoir pratiqué plus d'une fois, une bonne bouteille de vin en compagnie de Cohen, ça fonctionne rudement bien. Pareil pour le combo vin + Chavela Vargas... même si tu entraves que dalle à l'espagnol. T'inquiètes, tu lâcheras des sceaux de larmes avec une facilité déconcertante). 

Je te parle de la soundtrack : "Putain quel vaste merdier mais va falloir déambuler de façon cocasse dans une direction un chouïa plus avenante pour le bien-être"

La recette de la muerte girly déglinguée sans se casser le cul :

- La BO de Wolf Of Wall Street
- La BO de Russian Doll
- La BO de Charlie's Angels 1 et 2 (si si, j'insiste)
- La BO de A Simple Favor 1 et 2
- La BO de Birds of Prey (Sway !!)

Ensuite, tu secoues le bordel, fort. Très fort. Et tu rajoutes Good Vibrations des Beach Boys comme une cerise confite (ou la giclée de ton alcool préféré, hein). Drink the fuckin' juice. 

Ce truc m'a assez bien lavé mes sentiments intérieurs. Mieux, je dirais que ça a donné une saveur surprenante. Je me suis dit que ça allait être la soundtrack parfaite pour faire un ménage de printemps anticipé mais ô combien salvateur chez moi façon Jordan Belfort au top de sa forme (ou comme mon père, c'est à dire par le vide ; il était pas très Marie Kondo. Parce que voilà, quand t'es dans ta jungle tragi-comique mystique, t'es pas vraiment à jour question lessives et rangement, ce qui est bien normal -- et peut-être même souhaitable). 

Du coup, cette nuit, j'ai enfin pu aller me coucher à 23h et me lever à 7h30 !!!! Putain, le regain de normalité sans que ça me donne envie de quicher a été accueilli les bras ouverts par mon être disloqué et enfin un peu content. (certes, encore fragile).

Bref ! Je suis donc partie faire les courses en ayant l'impression d'avoir un peu retrouver ce putain de Mojo perdu depuis des mois. Me sentant pousser des ailes, j'ai carrément eu envie de fêter ça avec un verre de vin, quoi. Puis j'ai réalisé que mon moral était encore beaucoup trop groovy pour s'y risquer (les cuites me donnent littéralement envie de me pendre le lendemain. Sérieusement. Pas pour la forme. C'est comme m'envoyer mon syndrôme prémenstruel sous stéroïdes dans la gueule en random select.) Et je viens à peine de sortir de ma mer rouge endo stade 4 (ouais, je t'en prie, j'aime servir des détails, c'est de bon coeur). Donc, je me suis rabattue sur la glace à la fraise Häagen Dazs qui coute la peau du cul dans un move plein de sagesse. 

Faudra aussi que je parle de la soundtrack WTF mais qui marche bien quand tu chiales avec la morve qui dégouline du nez jusqu'au menton. 

Au fait, j'ai jamais compris pourquoi plein de gens pensaient juste au Vietnam en écoutant The End des Doors (enfin si, je suis pas con, Apocalypse Now).... Mais gros, t'écoutes les lyrics, des fois ?! Cette chanson est littéralement une crise existencielle dans les méandres cracra de ton crâne et ton coeur et ton âme, enfin bref t'as capté. 

Bon. Bah tout ça pour dire que j'ai acheté du Frappuccino et le reste sans exploser mon budget pour combler un manque alarmant de sérotonine. 

Good job, buddy ! 

BRB

 Je vais faire les courses, je chope un café, je range deux trois trucs puis je ramène mes fesses ici. 

Texto depuis mon téléphone. 


22.2.26

Witches supporting other bitches


Putain, les filles ! Vous avez dû penser que j'en avais rien à foutre des commentaires O_O ! J'ai eu tellement l'habitude d'écrire en privé que je ne check même pas si il y en a.... et je viens à peine de les voir aujourd'hui lol. 

MERCI A VOUS pour vos petits mots ! <3 <3 <3 

Pedro a peut-être aussi été confronté à ce problème quand il avait encore un blog, allez savoir. Oui, je ferme ma gueule sur Pedro. 

Ipso facto

Russian Doll en fond, all over again. Femme de goût toussa toussa, tu sais bien.

Je trouve ça rassurant d'avoir un blog. Je pense que la plupart des gens qui en ont un ressentent probablement la même chose que moi... on placarde, on fait et on défait, on cultive notre truc ou on y va en roue libre. En somme, c'est un espace hyper sécurisant. Des heures à fignoler un design, des heures où je ne pense à rien. C'est mon équivalent de 4 heures de jeu sur les Sims 4 (ouais, je joue encore aux Sims 4 à mon âge. Pas tout le temps mais des fois, je t'avoue que le gros bol de Chocopops noyé dans du lait bien froid en pyjama pilou est un havre de paix pour moi --- mais sans doute moins pour ma famille de Sims quoi).

Bon. Parlons sérieusement. Je ne m'en remets toujours pas. J'ai appris il y a 3 jours que Pedro Pascal avait eu un blog... Un jour, Pedro a été comme nous, les gars. Il avait un cœur sensible, des opinions, des doutes, des angoisses en se bouffant les ongles (avant qu'il tienne la main de ses collègues de bureau), des élans artistiques (ça a bien marché pour lui depuis) et Pedro Pascal a ouvert un blog. Imagine ! Il a réfléchi à un nom de blog, peut-être même passé des heures à pondre un design de ouf puis il s'est mis à écrire. Tu penses bien que lorsque j'ai appris ça, ni une ni deux, je me suis dit direct "ce qui est sur internet reste sur internet, Pedro". (Et parce que j'aime bien relire des blogs qu'on croit décédés et en cendres alors que non...). Bref, je me suis dit que ça allait être easy game.

Bah que dalle, putain ! Quelle déception. Si ça se trouve il écrivait des fanfictions de dingue et on n’en sait rien....

Comment a-t-il réussi à supprimer son blog de l’internet, bordel ? Du coup, parfois, mon cerveau peut pas s'empêcher de s'imaginer à quoi ça pouvait bien ressembler. Tout comme je suis convaincue que Lana Del Rey en avait certainement un aussi, tout en traînant sur les mêmes sites que nous (les 35-40 ans savent !)... genre le site We Heart It, DeviantArt !!! Je veux dire, c'est hyper lisible, hein ?! On te voit, Lana.

Bref, Pedro, faut refaire un blog. Oublie ta page Instagram.

Mon chat dort dans ma manne remplie de petites culottes en dentelle et coton. Peut-être que le chien de Pedro dormait dans ses slips et ses chaussettes, mais ça, on le saura jamais. Des slips kangourous mauves avec des petites fusées jaunes, qui sait...

Je pense offrir un de mes reins sur le dark web en échange d'avoir la possibilité de lire son blog.

On peut vivre avec un seul rein. 

21.2.26

Someone good

"I understand there's a guy inside me who wants to lay in bed, smoke weed all day, and watch cartoons and old movies. My whole life is a series of stratagems to avoid, and outwit, that guy." - Anthony Bourdain

Anthony Bourdain.

On a peut-être tous un ange sombre qu'on se choisit, un qui résonnera plus avec nous que tous les autres. Les gens ne savent pas combien de fois j'ai pu penser à Anthony Bourdain durant ces longs mois. Souvent, très souvent et certainement pas de façon légère. J'ai repensé à ces mots précis un nombre incalculable de fois. Parce que je les connais, dedans, et ce qu'ils bouffent à l'intérieur. Et parce que je connais trop bien ce trouble mortifère. Et vu chez mon père pour de bon. Peut-être qu'on se choisit ce quelqu'un qu'on pense qu'il nous aurait compris, accepté ou simplement toléré dans ce qu'on a de pire. Que cette personne fonctionne comme une sorte d'avertissement, de caillou coincé dans notre chaussure.

C'était en mai, à la fin de mon dernier contrat de travail. Une collègue de bureau m'a dit : "C'est cool, tu pourras te prendre une semaine de congé et profiter, vois ça comme ça." Et ce qu'elle a dit n'était pas con du tout. Mais dedans, en moi, j'ai senti un truc bifurquer direct. C'étaient pas des mots ni des pensées. Juste un truc au fond de moi qui s'est glacé. Un STOP net. Parce qu'effectivement, j'aurais pu prendre cette fichue semaine tranquillement. C'était facile... une semaine à rien foutre, à faire mon ménage puis me remettre gentiment sur le marché du travail. Sauf que j'ai pensé merde. Je ne sais pas pourquoi c'était à ce moment- et pas un autre ni pourquoi ça a fonctionné de cette manière. Mon ressenti a été "Que tout le monde aille se faire foutre". Et mon idée précise a été de faire tout le contraire de ce qu'Anthony Bourdain a tenté d'éviter toute sa vie. J'ai choisi l'exact opposé parce que je sais et ai tenté moi-même d'éviter cette fille en moi toute ma vie. Tant d'années à essayer de lui faire fermer sa gueule, d'être plus forte que sa douleur, plus maligne que ses envies de merde. Je sais être organisée, efficace, cadrée. Un brave petit soldat qui tient sa ligne bien droite. Je n'ai pas besoin qu'on m'apprenne à tenir un budget, un ménage, un agenda, ni même un travail en fait. C'est le dedans qui foire, qui déconne. Toute ma vie, j'ai galéré comme une dingue à bien aplanir les plis, à bien lisser tout ce qui irritait. Je comprenais jamais pourquoi c'était si compliqué, si difficile, pénible, chiant, fatigant, désespérant. J'ai tenté 1000 fois de ne surtout pas être ce que j'avais de pire. Et j'ai tenté de nettoyer le laid avec des sourires en ayant la putain de terreur au ventre... que ça me bouffe pour de bon, que ça me bouffe comme mon père. J'ai toujours reniflé ça comme si c'était la peste.

Sauf cette fois-ci.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Ici, j'aligne des mots. À cet instant-là, j'en avais zéro. J'étais un tsunami de colère, de hargne et de tristesse. Même pas une dépression crasse comme j'ai pu connaître à 28 ans où les mots tombaient du ciel en même temps que les cadavres remontaient à la surface. Même pas. Et ça m'a bien ébranlée ce truc-, d'ailleurs. Je pigeais pas. Que dalle. Complètement claquée au sol. C'était purement émotionnel, instinctif, primitif, viscéral. Viscéral, c'est le mot. Et j'ai décidé d'être la pire version de moi. Précisément celle qui me faisait flipper à fond et que je tenais en horreur.

Alors j'ai rien foutu. Rien foutu de ce qu'on considère noble, méritant, productif, efficace, capable, beau. J'ai dormi. J'ai regardé un millier de films... l'ironie étant que je ne peux faire aucune recommandation parce que ça ressemble à une soupe nébuleuse d'images. J'ai écouté Nirvana comme quand j'avais 15 ans. Ce qui m'a fait penser à Last Days que j'avais vu au cinéma quand j'étais jeune et je me suis dit que j'errais moi-même dans ma baraque, de pièce en pièce, dans une purée de pois avec mon mal-être. J'ai dormi plein de fois sur Last Days. Puis j'ai vomi ma colère monstrueuse par rapport à ma mère. On ne peut pas détester trop vite son dernier parent, faut pas déconner. Le cerveau doit survivre et vous aussi. J'ai été en colère contre mon père, ça avait été infect. Ma mère ? Colère des dieux, je pense. Par salves, comme une bonne gastro. Et toujours aucun mot qui ne sortait. Sauf pour vomir mon trop-plein sur ChatGPT. Oui, je sais, c'est con, ça semble être la pire idée et je ne le conseille pas forcément. Mais je ne peux pas dire que ça ne m'a pas aidée à réguler un petit peu. Dans tout ce bordel, il y avait pourtant ce truc que je trouvais vraiment fucked up qui était d'avoir l'impression de faire EXACTEMENT ce que j'étais supposée faire pour démêler ma merde. J'avais l'impression de brûler des pans entiers de croyances, de ma personnalité, de ce que j'aurais aimé ou pas, de ce que je tenais pour acquis et de ce qui n'avait jamais été. Plein de fois, je me suis dit que je jouais un jeu dangereux, risqué, pas recommandable. Participer activement à ce qu'on considère extérieurement comme un effondrement total de ce que nous sommes. Les gens n'aiment pas ça. Ça les fait chier de voir qu'on puisse choisir une route tamponnée "caca". Devenir la lie de la société et de cette méritocratie qui me semble être une vaste blague. Et c'était pas sans mal... l'angoisse ahurissante qui crève le plafond, la conviction d'être devenue totalement barrée dans ma tête, de choisir consciemment de brûler pas mal de ponts. En roue libre et en solo. Mais toujours cette sensation "trust the fucking process". Est-ce que c'était du déni, du délire ou un éclat de génie légèrement sur piste noire ?!

Je me suis assise dans mon caca. Dans mon inconfortable et dans mon laid, et je n'ai appelé personne. Non... t'es pas obligé de te barrer en Inde dans un remake de Mange, Prie, Aime. Tu feras la même chose version Temu mais redoutable. Est-ce que ça m'a appris quelque chose ? Honnêtement, à force de patauger dans la merde et le difficile, en fait, oui j'ai appris. Ce truc que je faisais jamais avant : m'écouter, bordel. J'ai éclaté tous les horaires du monde, tous les programmes du monde pour une vie saine et rangée, mes 10 000 pas par jour étaient plus proches de 100 dans mes bons jours. Mais j'ai appris à m'écouter dedans. À comprendre comment je fonctionne un peu mieux et comment les gens les plus proches de moi ont fonctionné avec moi et c'était pas joli. On pourrait croire que je me suis offert un luxe, la capacité, l'aisance de chier dans la colle sans trop le payer ensuite. Tu parles, Charles. Le prix à payer, je t'assure que je vais le payer avec des vrais chiffres et des conséquences. Le truc, c'est que ça me fera moins mal que toute la merde que j'esquivais jusque-. Je crois que c'est ça qui me fait le plus halluciner mais qui me sauve peut-être aussi.

Je me suis offert, en quelque sorte, ce qui m'a tant manqué avant. Un amour quasi inconditionnel. C'est dur de s'aimer quand on ne sait pas s'encadrer, c'est dur de s'aimer quand vous avez l'impression d'être une merde totale aux yeux de tous et de vos proches et des vôtres. C'est compliqué de s'aimer dans ce qui nous fait peur, ce qui nous fait honte, nous rend petits et vulnérables. C'est dur de s'aimer quand on croit qu'on est la définition du médiocre. Pas de travail, pas vraiment d'amis, pas d'amoureux, pas d'enfants. La ratée dans toute sa splendeur. C'est compliqué de s'aimer dans le triste, dans ce qui nous irrite, nous fait péter les plombs. Quand on se plaint dans ses blessures, quand on s'y complaît, quand on se rate. Quand on est tout sauf un succès ou une fierté. Il faut faire ce que les parents auraient dû faire... il faut consoler, tolérer, apprendre à être gentil avec soi, compréhensif, tolérant, endurant. Apprendre douceur, apprendre fermeté au bon moment. Se laisser respirer, apprendre à se laisser déborder.

Apprendre la dure réalité que des parents indifférents seront toujours indifférents. Vous dans le pire ou dans le meilleur, l'ingrat ce sera toujours vous et bien évidemment, ce ne sera jamais assez.

Les effondrements permettent de remplir autrement parce qu'il n'y a presque plus rien. Et souvent, aussi, parce qu'il n'y a d'ailleurs jamais rien eu.

J'ai longtemps cru que j'étais quelqu'un de problématique, méchant, pas aimable, pas assez bien, parfaitement oubliable, ou au contraire totalement irritante. J'ai toujours cru que dans mes mains, je n'avais que des trucs pourris à donner. Que mes qualités étaient forcément signées de mes parents et mes pires défauts de mes parents aussi. Ils n'ont pas habillé leur fille, ils ont habillé des fantasmes, des espoirs trop lourds qu'ils n'ont jamais tenté de faire vivre eux-mêmes. Ils ont déguisé des plaies, maquillé des blessures trop grandes, exigé des sourires pour sauver le leur. Un théâtre de l'absurde au nom de tout un véritable paquet de conneries qui gangrènent un maximum de familles. "C'est quand même ta mère/ton père", "tu verras quand ils ne seront plus là", "tu verras quand tu seras grande"... ouais... j'ai vu, oui.

J'ai adoré prendre des bains à rallonge à 1h du matin. Je n'oublierai jamais celui que j'ai pris à 2h du matin en écoutant End of the Night des Doors. Parfois, je me dis que ce bain m'a sauvée. Puis j'ai appris à bouffer aussi. Petite fille, j'aimais manger puis ça a totalement disparu. Ces mois-ci, c'était comme me venger, bouffer la vie, bouffer le manque, bouffer ce que j'ai pas eu, nourrir la gosse. Encore et encore. Je me suis aperçue que je détestais les radins des assiettes. Ceux qui cuisinent bien mais qui sont des rats quand ils te servent. J'ai bouffé comme un ogre, ou Marlon Brando. Et j'ai appris à me faire à bouffer et j'adore ça.

Je pense que j'ai appris à essayer de me donner des bras ouverts et réconfortants, des bras qui pardonnent, qui sécurisent et qui ne volent rien. Des bras qui enlacent la puanteur.

J'ai tenté de réparer ou de soigner 39 ans à marcher à côté de moi-même, à côté de ceux qui n'en ont rien à foutre.

Parfois j'ai l'impression d'être le petit pingouin filmé par Herzog.

Mais je crois qu'il y a encore du rêve, du beau, de l'amour aussi, de la bonne bouffe, une bonne blague, un salaire quelque part, une main tendue, une main à tenir, un bon film, des bains qui moussent, des douches qui lavent de tout, des draps frais, un endroit improbable.

C'était juste pas ce qu'on m'a vendu.

Je vais lentement revenir parmi mes semblables, remettre un peu d'ordre.

Pour moi, juste pour moi. À ma façon. Aussi géniale ou détestable puisse-t-elle être.

Peut-être qu'il faut d'abord apprendre à embrasser le plus difficile sans condition.

Le reste, je crois, devient plus facile.

“Be a fool. For love. For yourself. What you think MIGHT possibly make you happy. Even for a little while. Whatever the cost or good sense might dictate.”

Anthony...

15.2.26

Eating out of the trash

 Oui, je suis toujours en vie ! Ce qui est assez incroyable. Si, si. Tous les matins, je me félicite d’ouvrir les yeux et de respirer. Faut savoir régler ses attentes de façon réaliste.

Je me suis permis de publier une ancienne note (09/09/25) parce que je n’ai absolument pas la force de la torcher à nouveau. Je me suis dit qu’elle en disait pas mal sur ce que je couvais depuis mai. Elle est dure, compliquée. Impossible à écrire deux fois. Pourtant, il y a aussi du positif, et j’y reviendrai.

J’ai aussi torché la note sur les familles dysfonctionnelles, qui se limitera à ça pour le moment. Là, clairement, rien ne sort. C’est amusant… À 28 ans, j’ai été capable de torcher des notes sur mon père jusqu’à l’overdose en ne dormant que 4 heures par nuit durant des mois (oui, c’était laid). Ma mère ? J’écris sur elle à mon père dans un carnet. C’est le chouette truc d’un parent décédé : il ne vous casse plus les couilles et, honnêtement, l’ancien conjoint peut franchement comprendre votre putain de lot de griefs bien cracras. Mon père et moi, nous nous entendons donc fort bien ces temps-ci, je te dis pas.

J’ai bouffé un Xanax ce soir. Au bout de dix mois dans mon bordel, mon corps et ma tête m’ont dit : « Meuf, c’était courageux de ta part de dégueuler ta merde, de chialer, de comprendre le caca, mais là, t’as grave besoin de repos, de souffler, d’avoir une vraie nuit (et même deux, hein). Bref, un break salvateur si tu veux pouvoir reprendre ta vie en main sans finir en prison ou en HP. »

Enfin, toutes ces petites notes sur mon blog aujourd’hui n’auraient sans doute pas été possibles si je n’avais pas lu la dernière note de Frankie à mon réveil. Courage, meuf ! J’ai ressenti une énorme compassion pour toi, ton henné et Placebo en fond sonore (en août, c’était Nirvana pour moi).

Il est 3 h 38 du matin, le film Panic Room tourne en fond, car je suis une femme au goût sûr et avisé, comme vous l’avez remarqué. 

Love me tender

 Les familles dysfonctionnelles. Surtout ma mère, ahah. 🎉💖🌈

(Sailor, qu'est-ce que tu fous ? Je t'attends) 

Note du 09/09/25

Rien ne sera joli. 


Faut-il un Moleskine ou un bloc à spirales ? Un bic noir ou un bic bleu ? 

La fille pas très contente. 

On raconte pas la merde que c'est de se retrouver à 39 ans devant l'ombre des 40. On explique rien de la violence du truc. La crise de la quarantaine est souvent dépeinte comme des achats incensés, du cabriolet jusqu'au voyage à l'autre bout du monde. La mienne a ramené sa tronche de façon très prématurée et sans anesthésiant. 

Logée près de mon uterus avec un ovaire qui se faisait bouffer par un kyste "chocolat" ... ce mot si joli qui donne la dalle quand il te colle juste une endométriose stade 4. Un bas ventre si défoncé qu'il n'y fleurira jamais de vie, jamais de gosse. Un truc qui saigne sur lui-même jusqu'à inonder et noyer tout avenir de descendance. 

Un parpaing dans la gueule. A 37 ans, bien qu'ayant fait le choix de pas avoir d'enfant ne signifiait pas que je n'avais pas d'espoir, que je n'en avais pas envie. A vrai dire, si j'ai toujours essayé de vider les poubelles de mon passé, c'était précisément dans cette l'éventualité. Qui ne viendra jamais. Deux ans. ça fait deux ans que je suis au courant, deux ans que je recule à me faire virer ovaires, utérus et le reste. Parce que dire oui à ça veut dire irrémédiablement non à ce qu'on aurait souhaité. 

Deux ans que je ravale le bordel, à semblant tous les jours. Non, je ne mange pas mieux en fonction du diagnostique, je ne gère pas mieux mon stress, je ne suis certainement pas douceur avec moi-même. Je nie en bloc, je prétends. Le soir, c'est pas le même trip. Le soir, je regarde le plafond et je déguste. Une véritable traversée limite new age de ce que je suis, ce que j'aurai voulu être, voulu avoir. N'importe quoi devient un concept tordu jusqu'à l'abstrait, jusqu'à la fragmantation totale. Je me morcelle tous les jours. La journée, je fais semblant, je bouffe tout ce qui ne faut pas, je bouffe ma colère, ma rage, ma peur, mon vide. Je le massacre dans la bouffe, dans le travail, dans le stress. Le soir, c'est l'épopée mystique triviale. Entre les deux, je flotte. Entre les deux, je ne sais pas où aller, je me perds. 

Inertie de l'absurde, inertie du vide et temps qui passe. Le corps qui recommence à se plaindre plus fort encore. Je m'enfonce jusqu'à ne plus vouloir avancer d'un iota. Un conglomérat de merde, de choses pas belles et de douleur qui, comme les adhésions de mon bas ventre, fonctionnent pareil dans la tête. Un tissage mal foutu. Ne plus vouloir avancer parce que je ne sais plus comment avancer. Ni comment être, ni quoi devenir et je le sais encore moins parce que j'ai conscience qu'après moi, il n'y aura rien. Je suis l'arrêt d'une lignée, un point final. 

Ironique quand on a été une gamine qui a si longtemps eu du mal à vivre, à aimer vivre. Qui a tant vomi la vie. Ne pas avoir d'enfant, c'est déjà mourir un peu. Ironique de pas savoir avaler la pillule quand on a si longtemps souhaité mettre un terme à sa propre vie. 

J'ai eu l'impression de m'être pris une baffe sur la joue quand j'étais gamine, tenter de m'en remettre vaille que vaille puis de m'en prendre une sur l'autre joue. 

La crise de la quarantaine est bordélique, douloureuse, nauséeuse et apathique mais aussi pleine de colère. ça a la gueule de votre adolescence. Tout pue pareil : vous ne savez pas ce que vous devez foutre, votre vie vous fout la gerbe, vous détestez le monde, vous ne communiquez plus avec le reste de l'univers. Votre corps déconne tous les jours. Où aller ? Qu'est ce que je dois garder ? Qu'est ce que je dois dégager ? Comment s'articuler ? Qu'est ce que je fous ? 

Sauf qu'adulte, vous avez pour vous-même une sacrée dose de réalisme, de vérité encombrante et pas toujours sympathique. Ça rend le truc moins confort qu'à l'adolescence malgré tous les drames vécus à l'époque. Con à dire, mais même si votre adolescence a ramassé son quota de laideur, vous avez encore l'énergie et la fougue de la jeunesse. Vous exigez des comptes au monde entier. A 40 ans, vous ne les exigez qu'à vous-même. Personne ne viendra vous sauver de la fange dans laquelle vous vous trouvez sauf vous. 

Et vous le savez. 

Les êtres humains sont toujours poussés vers l'avant. Le passé est toujours entendu comme quelque chose de digéré, intégré, dépassé, et devenu inutile. Votre vie doit se calquer sur des échelons précis : travail, premier appartement, amis, conjoint(e), responsabilités, achat maison, carrière, mariage, enfants, et ainsi de suite. Vers l'avant, sans jamais se retourner. Jusqu'au jour où c'est la panne totale et qu'il faut bien regarder sous le capot. 

 Depuis mai, c'est le vide, le gouffre, l'abîme. Bref, un trou noir dans lequel j'essaye de me frayer un chemin tandis que je vis sur le fuseau horaire de l'Oklaoma alors que je suis une petite européenne. Le quotidien prend du retard, le quotidien devient urgent, je deviens totalement sourde à l'appel. Je dors la journée, je vis la nuit. Les jours s'alignent et je ronge mon frein. Je râcle tout jusqu'à l'os. 

Je suis une adulte de 39 ans totalement paumée dans son adolescence bis repetita, 2.0. Je me sens éteinte, horriblement éteinte, étrangère à moi-même et parfois ça commence à sentir le sapin. Je me demande comment j'étais capable d'avoir autant de rage, de colère, de blessures et de hargne à 15 ans. Comment faisait cette gamine quand l'adulte que je suis patauge désespérément dans une flaque d'eau. 

Retourner vie, retourner cerveau, retourner tiroirs et souvenirs. Petite teigne de 15 ans. Petite teigne qui décide que merde. Petite enflure irrévocable qui aura déchiré tout le tiède. 

Des mois que je vis comme une ado en pleurant de pas savoir être adulte. Des mois, ce foutu ecartellement. 

Jusqu'au foutu pour foutu. J'avais peut être pas besoin de mes 39 ans. J'avais pas forcément besoin qu'on m'apprenne à tenir un horaire, un quotidien, des responsabilités. En revanche, peut-être qu'un truc en moi n'était pas d'accord de faire ça plus lontemps à l'aveugle. Et parce que ma réalité était parfaitement réelle, pas belle, nichée dans le creux de mon ventre. Un vide, une tombe, un rien. Un rien qui saigne.

Revenir à cette gamine de 15 ans. Lui laisser tout l'espace. La laisser respirer, s'articuler et refoutre de l'ordre dans ma vie, faire comme chez elle. Mauvaise herbe, increvable gamine. Alors vas-y ma beauté, ma douleur, mon enfant. Vis et respire. 

Assise à poil sur mon lit parfaitement alignée avec mon bordel, tout à fait dans l'axe trivial, désordonné, douloureux mais limpide et clair comme le jour, 2 sachets de thé vert supplément citron dans une tasse qui repose dangereusement sur la couette, vapotant des volutes de tabac blond en plein après midi.

Je laisse volontier les Marlboro à la gosse. 

On peut apprendre à enterrer des bébés qui n'arriveront jamais. On peut donner la main à la gamine qu'on était. Elle, elle est très réelle.

 Et tout à fait vivante.