1.3.26

Faster than a cannonball

Je me suis réveillée avec 3 pets de rayon de soleil dans la gueule et Oasis dans la tête. Pourquoi ? Sais pas. À mon avis une corrélation entre soleil -> sunshine – > et la version phonétique mancunienne “SONSHEEIIIIIIIINE” de Liam. Ce qui m’a foutue en joie, tu penses bien.

Ne me lancez pas sur leur tournée à la con. Et surtout, ne venez pas me vomir votre joie de les avoir vus en live dans les commentaires -- ce sera la seule et unique occasion où je les fermerai. Je me souviens, en août, quand je venais à peine d’emménager dans ma maison avec cette tournée surprise qui tombait tout droit sur le coin de la gueule (WTF?!). Et je te prie de croire que ça a été une très très très TRÈS longue négociation entre mon moi actuel et mon moi des 90’s. Parce que cette petite enfoirée des 90’s avait des putain de bons arguments que je ne pouvais pas ignorer et que mon moi actuel avait assez taffé pour avoir un chiffre pas dégueulasse et quelques zéros en plus sur mon compte épargne.

Que mon seul et unique fantasme non assouvi à ce jour (et qui reste encore un éternel regret) : voir Oasis en live, en Angleterre (désolée pour le reste de la planète mais j’ai aucune envie de voir ce groupe avec une foule de gros molassons ultra relous... exception faite pour l’Argentine), en k-way, en train de me prendre des pintes entières de bières tièdes et de pisse à la gueule, le sourire béat, dans une totale harmonie terrestre.

Donc après avoir sorti ma calculette, les réservations d’avion-hôtel-ET CETTE PUTAIN DE PLACE QUI COÛTAIT LA PEAU DU CUL PARCE QUE JE VOULAIS PAS ÊTRE DANS CES GRADINS POUR RETRAITÉS MAIS DEVANT LIAM QUI DÉGOULINE SA SUEUR JUSQU’À MOI, j’ai réalisé que ça faisait une somme considérable (quasi totalité de mon compte épargne). (Je me suis inquiétée de la fortune perso des frangins, étaient-ils en situation de faillite à deux doigts de se faire expulser de leur maison respective faute de loyers impayés ?!)

Cependant, l’enfant et l’ado en moi sont des putains de petits chiards convaincants à mort. En même temps, je regardais mon salon vide et ma chambre vide et ma cuisine vide de meubles aussi et euh... je réalisais aussi que je ne vivais plus chez mes parents, qu’on n’était plus dans les années 90 ni début 2000 et qu’il allait falloir saigner les économies pour pouvoir se permettre cette folie en tant qu’adulte presque responsable.

Du coup, la veille, je me suis sagement rappelée que “we’re all part of a master plan”. Ce à quoi je me suis dit que j’allais faire l’alliance de la gamine de merde en moi, la pseudo adulte et le destin en un seul coup et que je verrais bien le lendemain, à la réservation, si ça allait le faire ou pas. Je suis allée me coucher, j’ai pas mis le réveil, et je me suis ramenée glorieusement en peignoir, cigarette et café à la main à 10h30 devant mon PC pour faire la file avec mon paquet de fric et mon putain de rêve, laissant l’univers choisir pour moi.

J’ai compris que la multitude ainsi que les tarifs dynamiques de connard allaient bien me niquer la gueule au bout de 2h30 (et j’étais pas la plus à plaindre). En même temps, je me disais que je romantisais toute une époque à moitié révolue. Peut-être que j’allais devoir aussi faire des bracelets de l’amitié, boire de l’eau et apparaître en losedé dans les TikTok et Insta de tas d’inconnus sur les réseaux sociaux grâce à mon voisin de gauche ou de droite au premier rang, dans une ambiance plus semblable à Roland-Garros que la sortie d’ultras d’un match de foot. (T’inquiète, je sais très bien que je me raconte un tas de conneries pour pas chialer, ce sont mes mouchoirs artificiels.)

Suite à quoi, j’ai fermé mon ordi et je me suis dit que faire une razzia chez IKEA pour écouter Oasis dans le confort et le fantasme absolu n’était pas si dégueulasse non plus (chose faite). J’ai fini mon café-clope et je suis retournée pioncer.

Rétrospectivement, s’il y avait eu moins de gens, j’aurais moi-même sacrément bien renfloué les caisses des deux frangins et le reste du groupe. Parce que, putain, j’étais prête. Rétrospectivement, je ne jalouse que les gens de mon âge et plus qui auront assouvi ce rêve commun et certainement pas la chiée de gamins qui sont déjà passés à autre chose (ouais gamin, c’est la différence générationnelle. T’as pu fanfaronner 3 mois mais t’as pas grandi avec l’effervescence UK ni ce combat Blur vs Oasis.).

Parallèlement, je me suis dit que j’abordais mon blog avec une dégaine plus proche de celle de Liam sur Twitter que de Noel. Moins bien écrit, moins recherché, pas de guitare. Juste une main sur le clavier, un tambourin fictif dans l’autre tout en balançant des écrits torchés et envoyés en express avec un trop-plein de confiance. Ma force, mon oeuvre.

Tout ça pour dire que 3 rayons de soleil m’ont claqué à la gueule avec Oasis en Dolby Atmos instantanément au milieu de mes deux oreilles.

Incroyable ce qu’une météo, une literie douillette et des références culturelles peuvent faire.

Faut savoir choisir ses héros, ils savent vous garder en orbite au premier rang de votre vie parfois un peu tiédasse, et vous rappeler qui vous êtes. Au pire si vous ne savez pas ce que vous foutez, faites comme moi, vous pouvez toujours déambuler à travers la vie et votre baraque avec la même assurance biblique que Liam à Knebworth en 96.

Your favorite brat. 

(viens pas niquer ma belle journée dans les commentaires, trou du cul).

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